Histoire de la cornemuse

Les origines

Les ancêtres des cornemuses sont des clarinettes et des hautbois primitifs : tuyaux en roseau ou en bois percés munis d’une anche simple ou double. L’ajout d’une poche pour remplacer la technique du souffle continu a constitué la première cornemuse : personne ne sait vraiment où ni quand cela a eu lieu… d’ailleurs, il est possible que la cornemuse ait vu le jour à différents lieux.

La propagation

Les celtes puis les romains ont répandu la cornemuse dans toute l’Europe ainsi qu’en Grande Bretagne. Chaque peuple et chaque région ont personnalisé l’instrument en fonction de leur culture. Que ce soit au niveau esthétique, des matériaux utilisés (corne, essences de bois, os, ivoire, peaux de différents animaux), de la facture (échelles de notes, nombre de notes, anches simples ou doubles, doubles tuyaux mélodiques, bourdons), des doigtés et des ornementations propres au style musical local.

Le déclin

En Europe comme en Grande Bretagne, la cornemuse était un instrument populaire joué pour les mariages, les fêtes, les foires, les processions… le terrain de jeu de prédilection était bien sûr l’extérieur ; lorsque à la fin du Moyen-Age les fêtes se faisaient davantage en intérieur, l’usage de la cornemuse a décliné, malgré des tentatives de fabrication de cornemuses d’intérieur, comme la musette de cour.
Plus tard, l’exode rural a accentué encore le déclin de cet instrument de musique.

En Écosse

Et plus spécifiquement dans les Highlands (Hautes Terres), au nord de l’Écosse, ce serait les celtes qui auraient apporté cet instrument car les romains n’y sont pas parvenus.
La cornemuse a remplacé la harpe, instrument symbolique utilisé auparavant par les bardes.
En gaélique écossais, le nom donné à cet instrument est Pìob Mhòr, qui signifie Grande Cornemuse.
En anglais, c’est Great Highlands Bagpipe (Grande Cornemuse des Hautes Terres) dont l’abréviation GHB est communément employée.
En français, c’est la Grande Cornemuse Écossaise, ou Cornemuse Écossaise.

La cornemuse écossaise avait un seul bourdon jusqu’aux environs de 1500un deuxième bourdon fut ajouté. L’instrument tel que nous le connaissons, avec trois bourdons est apparu vers 1700 avec son dernier bourdon, le plus grand : le bourdon basse.

La cornemuse était intégrée au système de clans écossais : chaque chef de clan avait son propre sonneur (sonneur de père en fils). La musique jouée avait un rôle social très important : mariages, funérailles, rassemblements…
De tradition orale, cette musique porte le nom de Piobaireachd (prononcez pibelor ou à la française pibror voire à la bretonne pibroc) qui signifie jouer de la cornemuse (sonner) ou Ceòl Mór (grande musique).

Après la défaite de la bataille de Culloden en 1746 (suite au soulèvement des Jacobites en 1745), la cornemuse fut classé arme de guerre et interdite ; la condamnation pour ceux qui en jouaient était la mort.
Par la suite, la cornemuse écossaise a été adoptée par les soldats ; cela a produit un très large répertoire musical de marches.

En Bretagne

Jusqu’au XVIème siècle, la cornemuse utilisée en Bretagne serait proche de la veuze (cornemuse du pays Nantais).
Le Binioù-kozh (cornemuse ancienne) jouée en couple avec la bombarde serait apparu vers le milieu du XVIIème ou le début du XVIIIème siècle. Les joueurs de bombarde arrivant à octavier (passer à l’octave supérieure, donc plus aigüe), la cornemuse utilisée auparavant aurait été modifiée pour s’y adapter.
Le Binioù braz (grande cornemuse) est le nom breton donné à la cornemuse écossaise. Elle a été employée en Bretagne dès le début du XXème siècle mais son utilisation s’est largement répandue arpès la Première Guerre Mondiale.